Le mot du président

1951 – Année faste pour les sous-marins : mise sur cale du Narval, première évocation des futurs « sous-marins de chasse » sans citer encore le nom d’Aréthuse. C’est aussi l’année de la naissance officielle de l’Association Générale Amicale des Anciens des Sous-Marins.  Le but alors poursuivi par ses créateurs est de donner à ses membres possibilité de créer les occasions propices à retrouver, à revivre l’ambiance partagée  lors des embarquements

2018 –  Si taille des sous-marins, évolutions techniques et  capacités militaires ont amplement  changé, si conditions de vie n’ont cessé de s’améliorer, les valeurs qui ont continué d’animer les équipages n’ont pas fondamentalement changé.

Ainsi en est-il de la compétence continûment entretenue à bord de bâtiments évoluant dans un milieu en tous points hostile où l’amateurisme n’est pas de mise, où la disponibilité permanente du matériel est requise, doit être recouvrée dans les meilleurs délais. Et cette compétence de chacun s’étend, naturellement même, au delà de sa propre spécialité car il n’est pas exclu que l’on ait à agir dans un cadre bien autre que le nôtre lui-même. A bord de nos bateaux, sottise n’est point de mise car l’erreur d’un seul homme peut mettre en péril l’équipage entier. Et il en est aussi de la confiance entière qui permet de dormir pendant qu’un autre veille.

Ne peuvent être tus la patience,  l’écoute et le respect de chacun, quelque part aussi l’oubli de soi  qui restent le ferment d’une cohésion forte, acquise dans l’épreuve,  pour un commun succès : « Le poing est plus fort que la main, il n’est pourtant que la main ».

Vingt amicales métropolitaines et deux ultramarines regroupent aujourd’hui près de 1400 membres à même de témoigner d’expériences vécues, avides de retrouver  l’osmose qui naissait d’une volonté partagée de réussir la  mission. Chacune, à sa manière, entretient cette ambiance dans sa propre région.

A bord rarement se portaient galons sur nos tenues. Le temps a fait son œuvre et au cours des rencontres bien souvent se créent de cordiaux rapports où  grades disparaissent, écarts d’âges s’estompent : le rappel d’évènements, de noms ou de missions réveillent des souvenirs, trop longtemps enfouis, que l’on se surprend à partager en camarades.

Mémoire de cette vie il convient de garder, esprit d’entraide aussi doit-on conserver, comme à bord. Plus encore nous revient le devoir de rayonner auprès de ceux qui demain viendront, dans nos brisées, armer nos sous-marins.